Bon on ne va pas créer un forum spécial sur ce superbe instrument mais comme c'est le grand frère du hautbois, une petite présentation s'impose:

Le cor anglais est un instrument de musique de la famille des bois, à anche double, proche parent du hautbois, dont il constitue l'équivalent à la quinte inférieure.
Il tire son nom d'une double confusion :
En premier lieu, n'ayant rien d'un cuivre, il porte le nom de cor. On pense qu'il s'agirait d'une assimilation avec un véritable cor, semi-circulaire lui aussi, de chasseur ou de forestier — par ailleurs utilisé en Grande-Bretagne, ce qui peut entrer en contradiction avec la seconde explication, complémentaire et plus répandue.
En second lieu, ce qui est plus souvent attesté, la qualification de cet instrument comme anglais proviendrait d'une confusion faite par les Anglais eux-mêmes, confusion reprise à leur compte par les Allemands, entre la désignation visuelle française anglé (coudé) et la référence (donc absolument involontaire) à leurs voisins du Nord.
Ce nom de cor anglais est donc issu de la description visuelle redondante, ensuite déformée, qui avait d'abord servi à identifier l'instrument en France : « instrument semi-circulaire comme un cor de forestier, et coudé ».
Sa capacité, en tant qu'anche double, à obtenir un flux sonore régulier et à ciseler les mélodies, associée à sa couleur plus sombre, souvent mélancolique, ainsi qu'à la proximité de sa tessiture avec la voix humaine (du baryton au mezzo-soprano), lui confère un pouvoir particulier qui a été mis en œuvre par les compositeurs eux-mêmes.
Déjà présent dans des œuvres de Jommelli dès 1741, Haydn l'emploie dans ses Divertimenti en 1746, et Gluck l'intègre dans l'orchestre d’Alceste en 1767.
Johann Nepomuk Hummel lui dédie un concerto virtuose, à la mode du hautbois, sans l'aspect de badinage charmant qui est attaché à son équivalent aigu.
Chopin, dans le Deuxième mouvement de son Premier Concerto pour piano Op.11, l'emploie comme contrechant méditatif et touchant, mais sans mièvrerie, avec son timbre barytonnant.
Wagner l'utilise dans Tristan et Isolde pour tenir le leitmotiv attaché à von König Markes Land, expression d'une nostalgie de la terre d'Irlande (aux origines du mythe contrée d'immortalité), d'une soumission infâmante au vainqueur (Tristan) qui la conduit comme du bétail à un autre qui n'a acquis aucun droit sur elle (Marke), de l'annonce des souffrances à venir sur ce sol étranger.
Beaucoup d'occurrences seraient à relever. On s'est contenté de citer quelques-unes des premières signalées et d'évoquer quelques usages emblématiques de l'instrument.